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LA SUEUR DE SANG
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Notre Seigneur
JÉSUS-CHRIST a subi un véritable supplice dans le mystère de la Sueur
de Sang, notamment en voyant toutes les horreurs qui seraient
commises, après Sa Passion, jusqu'à la fin du monde et tous
ceux qui ne seront pas sauvés.
.......Il était environ neuf heures quand Jésus vint
à Gethsémani avec ses disciples. La lune répandait déjà sa lumière dans
le ciel. Jésus était très triste et annonçait l'approche du danger. Les
disciples en étaient troublés et il dit à huit d'entre eux de rester
dans le jardin de Gethsémani pendant qu'il irait prier. Il prit avec
lui Pierre, Jacques et Jean, monta plus haut et entra dans le jardin
des Oliviers. Il était indiciblement triste, car le temps de l'épreuve
approchait. Jean lui demanda comment, lui qui les avait toujours
consolés, pouvait être si abattu. " Mon âme
est triste jusqu'à la mort " répondit-il. Et il voyait de
tous cotés l'angoisse et la tentation s'approcher comme des nuages
chargés de figures terribles. C'est alors qu'il dit aux trois Apôtres :
" Restez-là et veillez avec moi ; priez
afin que vous ne tombiez pas en tentation. " Jésus descendit un
peu à gauche et se cacha sous un rocher, dans une grotte d'environ six
pieds de profondeur, au-dessus de laquelle les Apôtres se tenaient dans
une espèce d'enfoncement. Le terrain s'abaissait doucement dans cette
grotte, et les plantes suspendues au rocher formaient un rideau devant
l'entrée, en sorte qu'on ne pouvait y être vu. Lorsque Jésus s'éloigna
des disciples, je vis autour de lui un large cercle d'images
effrayantes qui se resserrait de plus en plus. Sa tristesse et son
angoisse croissaient ; il se retira tout tremblant dans la grotte, afin
d'y prier, semblable à un homme qui cherche un abri contre un orage
soudain ; mais les visions menaçantes l'y poursuivirent et devinrent de
plus en plus distinctes. Hélas ! Cette étroite caverne semblait
renfermer l'horrible spectacle de tous les péchés commis depuis la
première chute jusqu'à la fin du monde, et celui de leur châtiment ....
J'eus le sentiment que Jésus, se livrant à la justice divine en
satisfaction pour les péchés du monde, faisait rentrer en quelque façon
sa divinité dans le sein de la sainte Trinité ; il se concentrait, pour
ainsi dire, dans sa pure, aimante, innocente humanité, et, armé
seulement de son amour ineffable, il la dévouait aux angoisses et aux
souffrances. Il tomba sur son visage, perdu dans une ineffable
tristesse, et tous les péchés du monde lui apparurent sous des formes
infinies avec toute leur laideur intérieure : il les prit tous sur lui
et s'offrit dans sa prière à la justice de son Père céleste pour payer
toute cette effroyable dette. Mais Satan qui s'agitait au milieu de ces
horreurs avec un rire infernal, entrait en fureur contre Jésus et
faisait passer devant son âme des tableaux toujours plus affreux,
criait à l'humanité de Jésus : "Comment ? prendras-tu aussi celui-ci
sur toi, en souffriras-tu la peine ? veux-tu satisfaire pour tout cela
?" Cependant il partit du ciel un rayon semblable à une voie lumineuse
: c'était une ligne d'Anges qui descendait jusqu'à Jésus, et je vis
qu'ils le ranimaient et le fortifiaient. Le reste de la grotte était
rempli des affreuses visions de nos crimes : Jésus les prit tous sur
lui ; mais son cœur si plein du plus parfait amour de Dieu et des
hommes, était cruellement angoissé sous le poids de tant
d'abominations. Lorsque cette masse de forfaits eut passé sur son âme
comme un océan, Satan
lui suscita comme autrefois dans le désert des tentations innombrables
: il osa même présenter contre le Sauveur une suite d'accusations :
"Comment, disait-il, tu veux prendre tout cela sur toi et tu n'es même
pas pur toi-même !" Et alors il déroulait devant lui, avec une
impudence infernale, une foule de griefs imaginaires. Il lui reprochait
les fautes de ses disciples, les scandales qu'ils avaient donnés, le
trouble qu'il avait apporté dans le monde en renonçant aux anciens
usages. Satan se fit le pharisien le plus habile et le plus sévère : il
lui reprocha d'avoir été l'occasion du massacre des Innocents, ainsi
que des souffrances de ses parents en Egypte, de n'avoir pas sauvé
Jean-Baptiste de la mort, d'avoir désuni des familles, d'avoir protégé
des hommes décriés, de n'avoir pas guéri plusieurs malades, d'avoir
fait tort aux habitants de Gergesa en permettant aux possédés de
renverser leurs cuves et aux démons de précipiter leurs porcs dans la
mer ; d'avoir abandonné sa famille, d'avoir dilapidé le bien d'autrui :
en un mot, Satan présenta devant l'âme de Jésus, pour l'ébranler, tout
ce que le tentateur eut reproché au moment de la mort à un homme
ordinaire qui eut fait toutes ces actions sans des motifs supérieurs ;
car il lui était caché que Jésus fût le Fils de Dieu et il le tentait
seulement comme le plus juste des hommes .... Parmi les péchés du monde
dont le Sauveur se chargea, je vis aussi les miens, et du cercle de
tentation qui l'entourait, il sortit vers moi comme un fleuve où toutes
mes fautes me furent montrées. Pendant ce temps j'avais les yeux
toujours fixés sur mon fiancé céleste, je gémissais et priais avec lui,
je me tournais vers lui avec les Anges consolateurs. Ah ! le Seigneur
se tordait comme un ver sous le poids de sa douleur et de ses angoisses
..... Au commencement Jésus était agenouillé et priait avec assez de
calme ; mais plus tard son âme s'épouvanta à l'aspect des crimes
innombrables des hommes et de leur ingratitude envers Dieu : il fut
saisi d'une si violente douleur qu'il s'écria, tremblant et frissonnant
: " mon Père, si c'est possible, que ce calice
s'éloigne de moi ! mon Père tout vous est possible ! éloignez de moi ce
calice ! " Puis il se recueillit et dit : "
Cependant que votre volonté se fasse et non la mienne " ..... Je
vis la caverne autour de lui remplie de formes effrayantes ; je vis
tous les péchés, toute la méchanceté, tous les vices, tous les
tourments, toutes les ingratitudes qui l'accablaient ; les
épouvantements de la mort, la terreur qu'il ressentait comme homme à
l'aspect de ses souffrances expiatoires le pressaient et l'assaillaient
sous la forme de spectres hideux. Il tombait çà et là, joignait les
mains, la sueur le couvrait, il tremblait et frémissait. Il se releva,
ses genoux chancelaient et le portaient à peine, il était tout défait
et presque méconnaissable, ses lèvres étaient pâles, ses cheveux se
dressaient sur la tête. Il était environ dix heures et demi lorsqu'il
se leva , et tout chancelant, tombant à chaque pas, baigné d'une sueur
froide, il se traîna jusqu'auprès des trois Apôtres : il monta à gauche
de la caverne jusqu'à une plateforme où ceux-ci s'étaient endormis,
accablés de fatigue, de tristesse et d'inquiétude. Jésus vint à eux,
semblable à un homme dans l'angoisse, que la terreur pousse vers ses
amis, et semblable encore à un bon pasteur qui, averti d'un péril
prochain, vient visiter son troupeau qu'il sait menacé ; car il
n'ignorait pas qu'eux aussi étaient dans l'angoisse et la tentation :
les terribles visions l'entouraient, même pendant ce cours chemin.
Lorsqu'il les trouva dormant, il joignit les mains, tomba près d'eux
plein de tristesse et d'inquiétude et dit : "
Simon, dors-tu ? " Ils s'éveillèrent, le relevèrent et il leur
dit dans son délaissement : " Ne pouviez-vous
veiller une heure avec moi ? " Lorsqu'ils le virent défait,
pâle, chancelant, tremblant, trempé de sueur, frissonnant, lorsqu'ils
entendirent sa voix altérée et presque éteinte, ils ne surent plus ce
qu'ils devaient penser et s'il ne leur était pas apparu entouré d'une
lumière bien connue, ils n'auraient jamais retrouvé Jésus en lui. Jean
lui dit : Maître, qu'avez-vous ? dois-je appeler les autres disciples ?
devons nous fuir ? Jésus répondit : " Si je
vivais encore trente trois ans, cela ne suffirait pas pour faire ce qui
me reste à accomplir d'ici à demain. N'appelle pas les huit, je les ai
laissés parce qu'ils ne pourraient me voir dans cette misère sans se
scandaliser; ils tomberaient en tentation, oublieraient beaucoup et
douteraient de moi. Pour vous, qui avez-vu le fils de l'homme
transfiguré, vous pouvez le voir aussi dans son obscurcissement et son
délaissement ; mais veillez et priez pour ne pas tomber dans la
tentation, car l'esprit est prompt et la chair est faible "
....Il leur parla encore dans sa tristesse et resta près d'un quart
d'heure avec eux. Il retourna dans la grotte , son angoisse croissant
toujours .... Tout ce qui vient d'être dit remplit à peu près une heure
et demie depuis que Jésus était entré dans le jardin des Oliviers ....
Il y avait peu de bruit dans Jérusalem ; les juifs étaient dans leurs
maisons, occupés des préparatifs de la fête .... Lorsque Jésus fut
revenu dans la grotte et toutes ses douleurs avec lui, il se prosterna
sur le visage, les bras étendus et pria son père céleste ; mais il y
eut une nouvelle lutte dans son âme qui dura trois quarts d'heure. Des
Anges vinrent lui montrer dans des séries de visions tout ce qu'il
devait embrasser de douleurs afin d'expier le péché ; ils lui
montrèrent quelle était avant la chute la beauté de l'homme, image de
Dieu, et combien cette chute l'avait altéré et défiguré. Il vit
l'origine de tous les péchés dans le premier péché, la signification et
l'essence de la concupiscence, ses terribles effets sur l'âme humaine
.... Aucune langue ne peut exprimer quelle épouvante et quelle douleur
vinrent fondre sur l'âme de Jésus à la vue de ces terribles expiations ; l'horreur de cette vision fut telle qu'une sueur
de sang sortit de son corps. Pendant que l'humanité du Christ était
écrasée sous cette effroyable masse de souffrance, j'aperçus un
mouvement de compassion dans les Anges ; il y eut une petite pause : il
me sembla qu'ils désiraient ardemment le consoler et qu'ils priaient à
cet effet devant le trône de Dieu. Il y eut comme un combat d'un
instant entre la miséricorde et la justice de Dieu, et l'amour qui se
sacrifiait. Une image de Dieu me fut montrée, non comme d'autres fois
sur son trône, mais dans une forme lumineuse ; je vis la nature
divine du Fils dans la personne de son Père, et comme retirée dans son
sein ; la personne du Saint Esprit procédait du Père et du Fils ;
elle était comme entre eux, et tout cela n'était pourtant qu'un seul
Dieu ; mais ces choses sont inexprimables. J'eus plutôt un sentiment
intérieur qu'une vision avec des formes distinctes ; il me sembla que
la volonté divine du Christ se retirait en quelque sorte dans le Père
pour laisser peser sur son humanité toutes ces souffrances que la
volonté humaine de Jésus priait le Père de détourner de lui.

Je vis cela dans le
moment de la compassion des Anges, lorsqu'ils désirèrent consoler Jésus,
et en effet il reçut à cet instant quelque soulagement. Alors tout
disparut, et les Anges abandonnèrent le Seigneur dont l'âme allait
avoir à souffrir de nouvelles attaques ...... Dans la première agonie,
Satan montra à notre Seigneur l'énormité de la dette du péché qu'il
voulait acquitter et poussa l'audace jusqu'à chercher des fautes dans
les œuvres du Rédempteur lui-même . Dans la seconde agonie, Jésus vit
dans toute son étendue et son amertume la souffrance expiatoire
nécessaire pour satisfaire à la justice divine : ceci lui fut présenté
par les Anges, car il n'appartient pas à Satan de montrer que
l'expiation est possible .... un nouveau cercle d'effrayantes visions
lui fut offert .... il se fit cette terrible question : Quel sera le
profit de ce sacrifice ? et le tableau du plus terrible avenir
accabla son cœur aimant ..... Devant l'âme de Jésus parurent toutes les
souffrances futures de ses Apôtres, de ses disciples, de ses amis ; il
vit l'Église primitive si peu nombreuse ; puis à mesure qu'elle
s'accroissait, les hérésies et les schismes y faisant irruption et
répétant la première chute de l'homme par l'orgueil et la
désobéissance. Il vit la tiédeur, la corruption et la malice d'un
nombre infini de chrétiens, le mensonge et la fourberie de tous les
docteurs orgueilleux, les sacrilèges de tous les prêtres vicieux, les
suites funestes de tous ces actes, l'abomination de la désolation dans
le royaume de Dieu, dans le sanctuaire de cette ingrate humanité
qu'il voulait racheter de son sang au prix de souffrances indicibles.
Il vit les scandales de tous les siècles jusqu'à notre temps et même
jusqu'à la fin du monde. C'étaient tour à tour toutes les formes de
l'erreur, de la fourberie, du fanatisme furieux, de l'opiniâtreté et de
la malice ; tous les apostats, les hérésiarques, les réformateurs à
l'apparence sainte ; les corrupteurs et les corrompus l'outrageaient et
le tourmentaient , comme n'ayant pas été bien crucifié à leurs yeux
..... beaucoup le maltraitaient, l'insultaient , le reniaient ..... et
s'en allaient vers l'abîme où ils étaient engloutis ..... Dans
ces tableaux douloureux qui passaient devant l'âme du Seigneur, je
voyais figurer Satan qui arrachait violemment à Jésus et étranglait une
multitude d'hommes rachetés par son sang et même ayant reçu l'onction
de sacrement. Le sauveur vit avec une douleur amère toute
l'ingratitude, toute la corruption des premiers chrétiens, de ceux qui
vinrent ensuite, de ceux du temps présents et de ceux de l'avenir ....
Le Christ, le fils de l'homme, luttait et joignait les mains, il
tombait comme écrasé sur ses genoux et sa volonté humaine livrait un si
terrible combat contre la répugnance à tant souffrir pour une race
si ingrate, que la sueur en larges gouttes de sang coulait de son
corps jusqu'à terre .... Jésus dans sa détresse éleva la voix et fit
entendre quelques cris douloureux. Les trois Apôtres se réveillèrent ;
ils prêtèrent l'oreille et voulaient aller le rejoindre mais Pierre
retint Jacques et Jean. Je le vis courir et entrer dans la grotte. "
Maître, dit-il, qu'avez-vous ? " Et il se tenait là, tremblant à la vue
de Jésus tout sanglant et frappé de terreur. Jésus ne lui répondit pas
et ne parut pas faire attention à lui ..... Pierre revint vers les deux
autres .... Les images hideuses de l'ingratitude des hommes futurs dont
il prenait sur lui la dette envers la justice divine, roulaient vers
lui, toujours plus terribles et impétueuses ..... Au milieu de toutes
ces apparitions, je voyais Satan se mouvoir sous diverses formes
hideuses qui se rapportaient à diverses espèces de péchés.Tantôt il
apparaissait comme un grand homme noir, tantôt sous la forme d'un
tigre, tantôt sous celles d'un renard, d'un loup, d'un dragon, d'un
serpent. Ce n'était pas la forme même de ces animaux, mais seulement le
trait saillant de leur nature, mêlé avec d'autres formes hideuses. Il
n'y avait là rien de semblable à une créature complète, c'étaient
seulement des symboles d'abomination, de discorde , de contradiction,
de péché, enfin des formes du démon (*).
Ces figures diaboliques poussaient, entraînaient, déchiraient aux yeux
de Jésus des multitudes d'hommes pour la rédemption desquels il entrait
dans le douloureux chemin de la Croix. Au commencement je vis plus
rarement le serpent, mais ensuite je le vis apparaître avec une
couronne sur la tête ; sa taille était gigantesque, sa force semblait
démesurée et il menait à l'assaut contre Jésus d'innombrables légions
de tous les temps et toutes les races ..... Elles l'accablaient
d'outrages et de malédictions, le déchiraient, le frappaient, le
perçaient ..... Jésus était meurtri comme s'il eut réellement ressenti
leurs coups .... Il me fut dit que ces ennemis du Sauveur étaient ceux
qui maltraitaient de différentes manières Jésus-Christ, présent
réellement dans le Saint-Sacrement. Je reconnus parmi eux toutes les
espèces de profanateurs de la divine Eucharistie. Je vis avec horreur
tous ces outrages depuis la négligence, l'irrévérence, l'omission,
jusqu'au mépris, à l'abus et au sacrilège le plus affreux ; depuis
la déviation vers les idoles du monde, les ténèbres et la fausse
science, le fanatisme, la haine , la persécution.
Je vis parmi ces hommes des aveugles qui ne voulaient pas voir la
vérité , des paralytiques, des sourds, des muets qui ne voulaient
jamais combattre avec le glaive de la parole , des enfants égarés à la
suite des parents et des maîtres mondains et oublieux de Dieu, nourris
de convoitises terrestres, enivres d'une vaine sagesse et dégoûtés des
choses divines.
Je vis avec épouvante que beaucoup
de prêtres, quelques uns même se regardant comme pleins de foi et de
piété, maltraitaient aussi Jésus dans le très saint Sacrement ; ils
oubliaient et négligeaient le palais, le trône, le siège du Dieu vivant
: à savoir l'église, l'autel, le tabernacle le calice, l'ostensoir, les
vases, les ornements, en un mot tout ce qui sert à l'usage et à la
parure de sa maison. Tout était abandonné, tout dépérissait dans la
poussière et dans la saleté, et le culte divin était, sinon profané
intérieurement, au moins déshonoré à l'extérieur .... Je
vis les faibles scandalisés, le sacrement profané, l'église abandonnée,
les prêtres méprisés ; l'impureté et la négligence s'étendaient jusque
sur les âmes des fidèles ; ils laissaient dans la saleté le
tabernacle de leur cœur lorsque Jésus devait y descendre .... Je
vis des serviteurs du démon employant la sainte Eucharistie aux
mystères d'un effroyable culte infernal ..... A la fin je vis tous ceux
qui s'étaient séparés de l'Église plongés dans l'incrédulité, la
superstition, l'hérésie, la fausse philosophie mondaine, excités par le
serpent qui s'agitait au milieu d'eux. Je vis le sang couler en larges
gouttes sur le pâle visage du Sauveur ; ses cheveux étaient collés
ensemble et dressés sur sa tête, sa barbe sanglante et en désordre
comme si on eût voulu l'arracher .....
Pendant cette agonie de Jésus, je vis la Sainte Vierge accablée aussi
de tristesse et d'angoisse dans la maison de Marie, mère de Marc.
Plusieurs fois elle perdit connaissance, car elle vit intérieurement
plusieurs choses de l'agonie de Jésus ..... Elle voyait en esprit
Jésus baigné d'une sueur de sang et il semblait qu'elle voulût de ses
mains étendues essuyer le visage de son fils .... Je vis cette
communication entre eux sous forme de rayons qui allaient de l'un à
l'autre .... Les Anges montrèrent à Jésus sa Passion tout près de
terre, parce qu'elle était proche. Je vis toutes les scènes s'en
présenter très distinctement devant lui, depuis la trahison de Judas,
la fuite des disciples, les insultes devant Anne et Caïphe, le
reniement de Pierre, le tribunal de Pilate, les dérisions d'Hérode, la
flagellation et le couronnement d'épines, la condamnation à mort, le
portement de la Croix, le suaire de Véronique, le crucifiement, les
outrages des pharisiens, les douleurs de Marie, Jean et Magdeleine, le
coup de lance dans le coté ; en un mot tout lui fut présenté et il
accepta tout volontairement .... A la fin des visions de la
Passion, Jésus tomba sur le visage comme un mourant ; les Anges
disparurent, la sueur de sang coula plus abondante et je la vis
traverser son vêtement ; la plus profonde obscurité régnait dans la
caverne..............
(*)
DIEU, dans son
"Dialogue" avec Sainte Catherine de Sienne,
Dr de l'Église, nous parle beaucoup du démon et de son rôle sur
terre pour nos épreuves et dans l'enfer pour la damnation, et aussi de
la forme hideuse et repoussante qu'il a en enfer :
".....Cette peine est encore aggravée par la seconde, celle
du ver de la conscience qui les ronge sans cesse, et sans cesse leur
fait entendre que c'est par leur faute qu'ils sont privés de ma vue et
de la société des anges et qu'ils ont mérité d'être placés dans la
compagnie des démons pour se repaître de leur vision. Cette vue du
démon, qui est la troisième peine, redouble toutes leurs souffrances.
Dans la vision qu'ils ont de moi, les saints sont toujours en
exultation et renouvellent incessamment, par leur allégresse, la
récompense de leurs travaux supportés pour moi avec une si grande
abondance d'amour et un si grand mépris d'eux-mêmes. Tout au contraire,
ces malheureux sentent leurs tourments toujours renouvelés par la vue
du démon. Car en le voyant, ils se connaissent mieux eux-mêmes et
comprennent mieux que c'est par leur faute qu'ils ont mérités ces
châtiments. Alors le ver de la conscience les ronge davantage et les
brûle comme un feu qui ne s'éteint jamais. Ce qui fait encore leur
peine plus grande, c'est qu'ils le voient dans sa propre figure qui est
si horrible qu'il n'est pas un cœur d'homme qui la puisse imaginer. Tu
dois te souvenir que je t'ai fait voir un tout petit instant, tel qu'il
est dans sa propre forme, et, une fois revenue à toi, tu aurais préféré
marcher dans un chemin de feu jusqu'au dernier jour du jugement plutôt
que de le revoir encore. Malgré tout ce que tu as pu en apercevoir, tu
ne sais pas complètement à quel point il est affreux ; car, par divine
justice, il se découvre plus horrible encore à l'âme qui est séparée de
moi, et plus ou moins suivant la gravité des fautes de chacun." Il est déplorable que la plupart de nos Prêtres
actuellement considèrent l'Enfer et le démon comme niaiseries de contes
pour les enfants....
De nos jours les
souffrances effroyables de la Passion n'intéressent plus
personne en France et encore moins celles de la Sueur de Sang.....
Pourtant le SEIGNEUR en me demandant le dessin,
m'a bien indiqué de placer des larmes au-dessus des deux cœurs,
seulement des larmes... Pour nous, les Cœurs de JÉSUS et MARIE doivent
donc être toujours unis et synonymes de "larmes de compassion"....
Quant aux chrétiens qui ont chassé MARIE leur cœur, La jugeant indigne
de tout amour, ils en rendront compte à DIEU dans les pleurs et les
grincements de dents.....
Mon DIEU, pardon...
pardon...
Dans Tes angoisses et
Ta sueur de Sang, j'étais là..... Dans Ton arrestation violente, les
coups, les liens, les crachats, les insultes, j'étais là.... Dans les
accusations mensongères, le faux jugement, les fouets acérés de
l'horrible flagellation, j'étais là.... Dans le bois de la Croix si
lourd à porter, les chutes, les hurlements méchants de la foule,
j'étais là.... Dans Ta Crucifixion, la chute de la Croix dans son trou
au sol, le vinaigre, les quolibets ignobles, les souffrances de Ta Très
Sainte Mère et Ton dernier râle, j'étais là ! J'étais là ! ....Oui,
j'étais là, avec tous mes péchés, mes faiblesses, mes doutes, mes
hésitations, mes chutes et mes trahisons... O mon DIEU chéri,
pardon, pardon ! .....et chaque jour de ma vie je Te dis
merci !
L'AN
DEUX MILLE
........Lorsque les
portes de l'enfer furent brisées par les Anges, ce fut comme un chaos
d'imprécations, d'injures , de hurlements et de plaintes. Quelques
Anges chassèrent des armées entières de démons ..... beaucoup furent
enchaînés dans un cercle qui entourait d'autres cercles concentriques.
Au milieu de l'enfer était un abîme de ténèbres ; Lucifer y fut chargé
de chaînes et de noires vapeurs s'étendirent au-dessus de lui ; tout
cela se fit d'après certains décrets divins. J'appris que
Lucifer doit être déchaîné pour un temps, cinquante ou soixante ans
avant l'an deux mille du Christ, si je ne me trompe.
Quelques démons doivent être relâchés auparavant pour punir et tenter
le monde ..... Quelques-uns, à ce que je crois, ont dû être déchaînés
de nos jours, d'autres le seront bientôt après....
A comparer avec l'avertissement
de la Très Sainte Vierge à La
Salette. En 1879, Mélanie a fait paraître un récit intitulé
"L'apparition de la Très Sainte Vierge sur la
montagne de La Salette" qui semble considéré comme le texte de
référence et dont voici un passage :
Notre Sainte Mère, la
Très Sainte Vierge y déclare, entre autre : ".... Il
n'y a plus d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne
d'offrir la Victime sans tache à l'Eternel en faveur du monde
...... Lucifer avec un grand nombre de démons seront détachés de
l'enfer : ils aboliront la foi peu à peu et même dans
les personnes consacrées à Dieu ... Les mauvais livres
abonderont sur la terre et les esprits des ténèbres répandront
partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de
Dieu......." .....Ces paroles
apparaissent maintenant pleinement d'actualité et malheureusement bien
au-dessous de la réalité puisque qu'en plus des livres, les
moyens techniques audiovisuels ont multiplié la malfaisance dans la
rébellion à DIEU et la dégénérescence spirituelle d'une façon colossale,
démoniaque......... Quant à ce qui regarde le service et le respect
dûs à DIEU et l'image souvent pitoyable de nos églises, de la liturgie,
voire même de l'Église Catholique en général, c'est vraiment
dramatique.... Les hommes actuellement et de plus en plus, semblent
vraiment soumis au démon.
Nous sommes donc
maintenant confrontés comme jamais auparavant aux forces démoniaques
par la volonté divine.
Par conséquent, dans nos
prières, inutile de demander à être protégés du démon, mais
plutôt d'en être rendu victorieux ; c'est notre seul
espoir d'être sauvé maintenant. Mais on
assiste évidemment à tout le contraire dans notre pauvre Église
Catholique bien malade.....
Il ne faut pas être
marqué par le passage à l'an 2000 qui ne représente rien, pas plus
d'ailleurs que chaque passage de Nouvel An où l'on assiste simplement
en France à la continuation inexorable de la dégradation des mœurs et
du rejet de DIEU...... Je cite simplement ici un passage des visions de
la Sainte Religieuse lors de la Descente aux Enfers du SEIGNEUR après
Sa mort sur la Croix.... De plus DIEU a commencé la punition du Monde
en 1995, pas en 2000. Mais les grands fléaux vont seulement arriver
maintenant car nous approchons du "Jour du SEIGNEUR".
On se donne beaucoup de
mal et nombre de personnes et de scientifiques dépensent énormément
de temps et d'argent et même, y passant quelquefois toute leur vie,
pour étudier et fouiller notre passé, ses différentes époques et
ères historiques et préhistoriques, alors que deux périodes
seulement intéressent les hommes et sont utiles pour eux : avant la
Passion et après la Passion ; tout le reste n'est que "
vanité et poursuite de vent "......
St Jean, 17, v. 5 " Et
maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que
j'avais auprès de toi avant que le monde fût. " Jésus nous dit que sa glorification dans Sa Passion
est aussi importante que la gloire qui lui a permis de créer l'Univers
visible.
N'oublions donc
jamais que nous vivons depuis deux mille ans dans l'ère de la Passion,
toujours actuelle et pour tous les siècles et il n'y avait vraiment pas
de quoi fêter avec fierté le " Jubilé de l'an deux mille ", mais plutôt
de se mettre des sacs sur la tête et porter le deuil.... ! Lire
les deux pages du Sommaire
si vous ne l'avez pas encore fait.....
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